Le secteur de l’Entre-Kasaï Longatshimo, situé dans le territoire de Tshikapa (province du Kasaï), fait face à une absence criante d’infrastructures administratives, une situation que les habitants assimilent à un abandon prolongé de la part des autorités.
Selon des sources locales, aucun service de l’État ne dispose de bureaux fonctionnels. Faute de locaux, les agents administratifs travaillent dans des conditions précaires, sans mobilier de base, notamment des chaises et des tables, ce qui compromet sérieusement l’exécution de leurs missions.
D’après les témoignages recueillis sur place, les anciens bâtiments administratifs avaient été incendiés lors des violences liées à la milice Kamuina Nsapu entre 2016 et 2017. Depuis lors, aucune initiative concrète de réhabilitation ou de reconstruction n’a été engagée, laissant le secteur sans véritable présence institutionnelle.
La population dénonce une gouvernance jugée défaillante et marquée par une gestion opaque. Certains habitants accusent les autorités provinciales d’inaction, évoquant même des fonds qui auraient été alloués à la reconstruction des infrastructures administratives mais détournés au détriment du service public. Des allégations qui, si elles sont avérées, traduiraient une fragilisation accrue de l’autorité de l’État dans cette zone.
Au chef-lieu du secteur, le constat est alarmant : absence totale de bureau pour le chef de secteur, inexistence de poste de police fonctionnel et manque généralisé de structures pour les services étatiques censés opérer dans la région. Cette carence limite considérablement l’accès de la population aux services publics essentiels, dans un espace pourtant stratégique en raison de ses nombreuses frontières.
Steve Kayembe, depuis Kamonia
