Dans la chefferie de Batangi, en territoire de Lubero, la saison culturale bat son plein et mobilise une grande partie de la population locale. En dépit d’un contexte sécuritaire marqué par des conflits armés persistants, les habitants restent résolument tournés vers les travaux champêtres, principale source de subsistance dans la région.
Dans les collines et vallées de Lubero, les cultures vivrières dominent le quotidien des ménages. Le manioc, les haricots, le maïs et d’autres produits agricoles constituent l’essentiel des activités agricoles. Toutefois, une tendance se dégage cette saison : la culture de la pomme de terre gagne du terrain et s’impose progressivement comme une priorité pour de nombreux agriculteurs.
Cette orientation s’explique notamment par la hausse significative du prix de la pomme de terre sur les marchés locaux, rendant cette culture plus rentable que le manioc, dont la valeur marchande reste relativement faible. Face à cette réalité économique, plusieurs familles optent désormais pour la diversification de leurs cultures, avec une préférence marquée pour les produits à forte valeur ajoutée.
Profitant de la période des vacances scolaires, parents et enfants se rendent massivement aux champs. Dans certaines zones, des familles entières s’installent temporairement à proximité de leurs exploitations agricoles afin de maximiser les travaux et augmenter leur production.
Cependant, cette dynamique agricole se développe dans un environnement difficile. Les effets des conflits armés continuent de peser lourdement sur l’économie locale. La circulation monétaire est fortement ralentie, limitant les échanges commerciaux et affectant le pouvoir d’achat des populations.
Sadrack Bihamba, Depuis Lubero
