Situé dans le territoire de Tshikapa, précisément dans la zone de Kamonia, le secteur de Kasadisadi fait aujourd’hui figure d’exemple frappant de marginalisation dans la province du Kasaï. Composé de trois groupements, à savoir Kambulu, Kangandu et Boko, ce secteur est décrit par ses habitants comme « prioritaire » à tous les niveaux, tant les besoins y sont criants.
Selon les témoignages recueillis sur place par la journaliste Rebecca Lina, qui s’est rendue récemment dans cette partie enclavée du Kasaï, la population vit dans des conditions particulièrement difficiles, marquées par un manque criant d’infrastructures de base et une quasi-absence de l’autorité provinciale.
« Depuis le découpage territorial ayant conduit à la création des 26 provinces, aucun gouverneur n’a jamais foulé le sol de Kasadisadi », déplorent plusieurs habitants interrogés. Une situation qui alimente un sentiment profond d’abandon au sein de cette communauté isolée.
Les populations locales affirment également que le Programme de développement local des 145 territoires, pourtant lancé pour améliorer les conditions de vie dans les zones rurales, n’a jamais atteint leur secteur. Même certaines localités comme Tshisenge restent, selon eux, totalement en marge de ce projet d’envergure nationale.
Face à cette réalité, de nombreuses interrogations persistent, s’agit-il d’un manque de représentation politique au niveau provincial et national ? Ou d’un simple oubli administratif qui relèguerait Kasadisadi au second plan du développement provincial ?
En attendant des réponses concrètes, les habitants de Kasadisadi continuent de vivre dans l’espoir d’un regard des autorités et d’une prise en compte effective de leurs besoins, afin de sortir de l’isolement et de la précarité qui caractérisent leur quotidien.
Jean-Paul Kanku
