Le secteur de l’Entre Kasaï Longatshimu, dans la province du Kasaï, est à nouveau au centre d’une vive polémique. Les habitants dénoncent une gestion jugée opaque et marquée par une mégestion qui perdure depuis plusieurs décennies, malgré les fonds de rétrocession régulièrement envoyés par le gouvernement provincial.
Selon la société civile locale basée à Mudiadia, le chef de secteur en fonction ne dispose d’aucun bureau, ni de chaises, ni de tables pour assurer correctement ses responsabilités. Les anciens locaux administratifs avaient été complètement détruits lors des atrocités perpétrées par la milice Kamuina Nsapu en 2016-2017, et n’ont jamais été reconstruits depuis.
La population accuse les autorités locales d’inaction délibérée et de mauvaise volonté. Selon plusieurs témoignages, les ressources financières destinées au fonctionnement du secteur et à la réhabilitation des bâtiments de l’État seraient détournées au profit d’intérêts personnels, au détriment du service public. Les habitants estiment que cette situation fragilise gravement la présence de l’État dans la zone.
Le chef-lieu du secteur fait face à une pénurie criante d’infrastructures administratives : absence totale de bureau pour le chef de secteur, manque d’un poste fonctionnel pour la police, ainsi que pour d’autres services étatiques censés y opérer. Cette carence limite considérablement la prestation des services publics essentiels.
La population appelle le gouvernement provincial à intervenir d’urgence et à instruire le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) d’intégrer la construction d’un bureau administratif moderne dans le cadre du Programme de Développement Local des 145 Territoires. L’objectif est de permettre aux différents services étatiques de retrouver des conditions de travail dignes et de renforcer la gouvernance locale.
Steve KAYEMBE
