La grève des professionnels de santé dans la province du Kasaï suscite de vives préoccupations au sein de la société civile. Alain NKASHAMA, responsable d’une structure de la société civile, appelle le gouverneur de province à prendre ses responsabilités afin de trouver une solution rapide aux revendications des personnels soignants.
Lors de sa prise de parole devant la presse du Kasaï, ce vendredi 23 octobre 2026, Me Alain NKASHAMA MUANA estime que la résolution de cette crise relève notamment de la responsabilité de l’exécutif provincial.
Selon lui, le gouverneur, en tant que représentant du président de la République dans la province, doit s’impliquer activement afin de répondre aux préoccupations des agents de santé.
« Cette grève est sur les épaules du gouverneur de la province. Cela engage sa responsabilité », soutient-il, soulignant que les autorités provinciales doivent jouer leur rôle de médiation pour parvenir à un dénouement rapide de la situation.
Me Alain NKASHAMA MUANA alerte sur les conséquences de cette paralysie des activités sanitaires, particulièrement pour les malades qui nécessitent une prise en charge urgente.
Il évoque notamment la situation à l’Hôpital général de référence de Tshikapa, où des patients seraient confrontés à des difficultés d’accès aux soins, faute de personnel disponible. Il rapporte également le cas d’un malade qui attendait une intervention chirurgicale sans bénéficier de l’assistance nécessaire.
Pour cet acteur de la société civile, la situation est préoccupante, car elle expose les patients à des risques graves. Il estime que les autorités doivent agir sans tarder afin d’éviter que cette crise ne provoque des conséquences irréversibles sur la santé de la population.
Selon lui, les difficultés ne concernent pas uniquement la ville de Tshikapa. D’autres structures sanitaires, notamment les hôpitaux généraux de référence de Kanzala et de Kalonda, ainsi que plusieurs zones de santé de la province, seraient également touchés par cette situation.
Tout en dénonçant les conséquences de la grève, Me Alain NKASHAMA MUANA appelle la population à ne pas considérer les infirmiers et les autres professionnels de santé comme les principaux responsables de cette situation.
Il rappelle que les soignants ont également des familles à prendre en charge et des enfants à scolariser. Selon lui, leurs revendications doivent être examinées avec sérieux, au lieu de transformer ce mouvement social en conflit entre les agents de santé et la population.
Pour ce responsable de la société civile, le gouvernement provincial doit privilégier une approche administrative et institutionnelle, en menant les démarches nécessaires auprès des autorités nationales pour obtenir une réponse aux revendications des professionnels de santé.
Me Alain NKASHAMA MUANA rappelle que, selon lui, des difficultés similaires ont déjà été rencontrées par le passé, avec des démarches entreprises au niveau national, mais des blocages qui seraient intervenus au niveau provincial.
Par ailleurs, il prévient que si aucune solution n’est trouvée à l’issue de la semaine en cours, sa structure pourrait appeler la population à se mobiliser dans la rue pour réclamer le règlement des revendications des soignants auprès du gouverneur de province.
« Nous allons faire de la situation des infirmiers celle de toute la population et réclamer une solution auprès du gouverneur de province », prévient-il.
Pour rappel, la grève des professionnels de santé dans la province du Kasaï dure depuis plus d’une semaine. Pendant ce temps, les malades continuent de souffrir dans plusieurs zones de santé de la province, faute d’une prise en charge médicale adéquate.
Jean–Paul Kanku
