La récente condamnation à mort de l’ex-président Joseph Kabila par la Haute Cour Militaire de Kinshasa a provoqué une onde de choc à travers le pays, notamment au sein de l’Église catholique qui a exprimé son indignation par voie de déclaration officielle.
L’Église, à travers la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), a fait part de son « horreur » et de son « profonde inquiétude » concernant la décision rendue le lundi 5 octobre 2025. Les évêques catholiques, par la voix de leur porte-parole, ont qualifié la procédure judiciaire de « précipitée » et ont vivement déploré la rapidité avec laquelle cette affaire a été traitée par la Haute Cour Militaire.
« Une telle décision, prise dans des circonstances aussi complexes, ne peut qu’éveiller des interrogations sur l’indépendance et l’équité du système judiciaire », a déclaré l’un des évêques dans un communiqué.
La Haute Cour Militaire a jugé que l’ancien président, accusé d’implication dans des actes de haute trahison, devait être jugé de manière expéditive, ce qui a soulevé des préoccupations tant au niveau national qu’international. De nombreux observateurs s’interrogent sur le manque de transparence et la rapidité de la procédure, d’autant plus que l’ancien président jouit toujours d’une forte influence au sein de certaines sphères politiques du pays.
« Un procès aussi significatif, impliquant une figure aussi emblématique, mérite un traitement en profondeur, avec des garanties de transparence et d’impartialité », a ajouté la CENCO. L’Église catholique appelle également à une procédure « respectueuse des principes de la justice ».
La réaction de l’Église catholique intervient alors que de nombreux Congolais, et particulièrement les partisans du président honoraire, voient dans cette condamnation une tentative de liquidation politique. D’autres, à l’inverse, estiment que cette décision marque un tournant dans la lutte contre l’impunité en République Démocratique du Congo.
Des manifestations ont éclaté dans plusieurs grandes villes du pays, et les leaders politiques, tant de l’opposition que du gouvernement, ont réagi vivement, chacun selon ses intérêts et affiliations.
Face à la tension croissante, certains observateurs appellent à la réconciliation nationale et à un dialogue inclusif, soulignant que la justice ne doit pas être utilisée comme un instrument de vengeance politique. « Le pays a besoin d’un apaisement pour éviter une nouvelle polarisation qui pourrait mener à des violences », avertissent plusieurs analystes politiques.
Le Conseil de l’Union Européenne a exprimé son inquiétude, appelant à une révision du jugement, soulignant que la justice doit être rendue de manière équitable et transparente, sans pression politique. Les Nations Unies ont, quant à elles, appelé à un dialogue constructif entre toutes les parties concernées, afin de préserver la stabilité du pays.
La condamnation à mort de Joseph Kabila constitue un tournant majeur dans la politique congolaise. La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si cette décision marquera un renouveau de la justice ou si elle risque d’aggraver davantage les tensions dans un pays déjà fragilisé par des années de conflit et d’instabilité. La communauté internationale et l’Église catholique continueront d’observer de près l’évolution de la situation, espérant que la RDC choisira la voie de la paix et de la réconciliation.
Pierre Kandayi
