La société civile du Sud-Kivu, par la voix de Me Néné Bintu, alerte sur une crise profonde dans la province. Dans un communiqué publié ce 5 septembre à Uvira, elle dénonce la montée d’une administration parallèle imposée par le mouvement armé AFC/M23.

Selon ce document, cette situation empêche la libre circulation entre Bukavu, Uvira, Mwenga et Shabunda. Elle plonge la population dans un calvaire social et économique depuis plusieurs mois.

La société civile évoque une régression de plus de vingt ans : famine, chômage, insécurité, fermeture des banques, taxation illégale des médias, prolifération de billets sales.

Des cas d’assassinats, d’enlèvements et d’enrôlements forcés dans les rangs armés sont aussi signalés. Les radios communautaires sont menacées, et les droits humains bafoués.

Me Néné Bintu rejette les accusations faisant porter la responsabilité de la chute de certaines localités à la société civile. Elle rappelle que la défense du territoire relève de l’armée, et non des organisations citoyennes.‎

Elle précise également qu’elle reste la seule porte-voix légitime du Bureau de coordination, qui demeure « unique et indivisible ».

Du côté des autorités légales à Uvira, le constat est tout aussi préoccupant. Aucun édit voté, pas de contrôle parlementaire, ni budget rectificatif. Le gouverneur Jean-Jacques Purusi est accusé de faire des promesses sans suite.

La société civile appelle l’autorité provinciale à corriger ces dérives. Elle demande aussi à l’AFC/M23 de respecter les civils et de cesser les exactions.

La rédaction

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