Dans une tribune d’analyse économique et politique, l’économiste Samuel Mulenda revient sur les derniers rebondissements de l’affaire Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice, condamné à 3 ans de prison ferme et 5 ans d’inéligibilité. Alors que le Procureur général près la Cour de cassation a récemment ordonné à la RAWBANK de transférer les 19,9 millions USD au compte du FRIVAO fonds liés à l’affaire une question cruciale secoue l’opinion : pourquoi condamner un homme alors que l’argent n’a jamais disparu ?
« Il y a un non-sens juridique et institutionnel dans cette affaire », affirme Samuel Mulenda. « La réquisition de restitution prouve que les fonds étaient toujours localisables et transférables. Il ne peut donc y avoir détournement au sens économique et pénal du terme. »
Ce transfert, exécuté « toutes affaires cessantes », selon les termes du Procureur général Firmin Mvonde, aurait dû suffire à réévaluer le dossier. Pourtant, la sentence contre Constant Mutamba reste maintenue, déclenchant une vague d’indignation, notamment dans les milieux intellectuels et économiques.
Pour l’économiste Samuel Mulenda, cette affaire révèle une « justice à double vitesse », où les réalités économiques sont ignorées au profit d’une logique politique : « Nous sommes dans un contexte où la cohérence institutionnelle est brisée. D’un côté, l’État récupère ses fonds via les mécanismes bancaires, de l’autre, il punit un homme que la procédure judiciaire n’a pu prouver coupable d’enrichissement personnel. »
L’économiste avertit sur les conséquences économiques de ce type de condamnation : « Une telle insécurité juridique peut décourager les investisseurs, fragiliser les institutions financières et nourrir un sentiment d’injustice nationale. »
La jeunesse congolaise, elle aussi, s’est exprimée massivement à travers les marches , réseaux sociaux, dénonçant une condamnation « politique », malgré un procès largement suivi, où aucune preuve concrète de détournement n’a été apportée.
Dans une conclusion sobre mais percutante, Samuel Mulenda invite les institutions judiciaires à plus de rigueur et de cohérence : « La justice n’est pas un outil de neutralisation politique. Elle doit demeurer le dernier rempart de l’État de droit. »
La rédaction
