À l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, Samuel Mulenda, économiste, journaliste et jeune entrepreneur, appelle le président Félix Tshisekedi à intégrer davantage les jeunes des provinces enclavées au dialogue national inclusif en cours.

Pour lui, une démarche qui se veut nationale ne peut ignorer les jeunes vivant dans des régions confrontées à l’éloignement, au mauvais état des routes et au déficit d’infrastructures. Il cite notamment la Mongala, le Bas-Uélé, le Haut-Uélé, le Nord-Ubangi, le Sud-Ubangi, la Tshuapa, l’Équateur, la Lomami, le Sankuru, le Maniema, le Mai-Ndombe, le Kwango, le Kwilu, le Tanganyika et le Haut-Lomami.

« Monsieur le Président, n’oubliez pas les jeunes de ces provinces. Ils doivent eux aussi être entendus et participer aux décisions qui engagent l’avenir du pays », plaide Samuel Mulenda.

Dans plusieurs de ces provinces, l’enclavement complique l’accès aux opportunités économiques, à l’emploi, à l’éducation, aux soins, aux marchés et aux services publics.

La Lomami, avec Kabinda comme chef-lieu, illustre cette réalité. Les difficultés de transport et l’état des infrastructures limitent les déplacements et les échanges avec les grands centres.

Le Sankuru, associé à la mémoire de Patrice-Emery Lumumba, héros national, connaît également des difficultés d’accessibilité qui affectent la vie économique et sociale de ses populations.

Pour Samuel Mulenda, ces réalités doivent être directement portées par les jeunes concernés.

« On parle de la jeunesse, mais laquelle ? »

L’économiste estime que la représentation de la jeunesse au dialogue national ne devrait pas se limiter à quelques grandes villes.

Les préoccupations d’un jeune de Kinshasa ou de Lubumbashi peuvent différer fortement de celles d’un jeune de Kabinda, Lodja, Buta, Lisala ou d’autres localités éloignées.

« On parle beaucoup de la jeunesse congolaise. Mais qui parle des jeunes qui vivent loin des grands centres de décision ? », questionne-t-il.

Il souhaite donc une représentation qui tienne compte de la diversité géographique du pays afin que les jeunes de la Mongala, du Bas-Uélé, de la Tshuapa, de la Lomami, du Sankuru et d’autres provinces puissent exposer leurs réalités et proposer des solutions.

Des infrastructures au chômage : les priorités du terrain

Selon Samuel Mulenda, les jeunes de ces régions font face à plusieurs difficultés liées à l’enclavement : routes insuffisantes ou dégradées, manque d’infrastructures publiques, accès limité au numérique, faibles possibilités d’emploi et difficultés pour développer des activités économiques.

Ces contraintes renforcent, selon lui, les inégalités entre les jeunes selon leur lieu de résidence.

Il appelle ainsi les autorités à considérer les infrastructures comme un levier essentiel pour permettre aux jeunes des provinces éloignées de participer pleinement à l’économie nationale.

Samuel Mulenda demande au chef de l’État de veiller à ce que les jeunes issus de toutes les provinces puissent être associés au dialogue national inclusif.

« Monsieur le Président, si vous arrivez à me lire, écoutez aussi ceux qu’on entend rarement. Les jeunes des provinces enclavées ont des compétences, des idées et des propositions. Donnez-leur la possibilité de les présenter », lance-t-il.

Pour lui, la participation des jeunes ne doit pas être symbolique. Elle doit permettre de faire remonter les réalités locales et d’intégrer leurs propositions aux décisions nationales.

En cette Journée internationale de la jeunesse, son plaidoyer dépasse donc la simple célébration : il demande que la jeunesse des provinces enclavées soit considérée comme une partie active du présent et non comme une simple relève du futur.

Samuel Mulenda, économiste, journaliste et jeune notable issu de l’une des provinces souvent oubliées, pose ainsi une question au sommet de l’État : le dialogue national peut-il être réellement inclusif si les jeunes des régions enclavées restent loin de la table des décisions ?

La Rédaction

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