La marche organisée le vendredi 5juin à Tshikapa par la fédération UDPS/Kasaï 3 Code G14 en faveur du changement de la Constitution continue de susciter de vives réactions et d’alimenter le débat au sein de la classe politique locale.
Partie du rond-point 3Z, la procession conduite par le président fédéral intérimaire Richard Kande Matungulu a sillonné plusieurs artères de la ville dans une ambiance marquée par des chants et slogans politiques. Les militants, mobilisés en grand nombre, affirment avoir répondu à un appel visant à soutenir une réforme qu’ils jugent conforme à la vision de leur parti.
Après une étape à l’Assemblée provinciale du Kasaï, où un mémorandum a été remis au rapporteur Joseph Kalombo Kanku, les manifestants se sont dirigés vers le gouvernorat. Sur place, ils n’ont pas été autorisés à déposer ni à lire leur document, les services de sécurité évoquant l’absence du service habilité à le réceptionner.
La marche s’est ensuite poursuivie jusqu’au siège de la fédération UDPS/Kasaï 3, où le secrétaire fédéral Jules Kadima a procédé à la lecture publique du mémorandum.
Dans sa déclaration, Jules Kadima a inscrit l’action de la base dans la continuité de l’idéal du feu Dr Étienne Tshisekedi wa Mulumba, premier critique de l’actuelle Constitution, qualifiée « d’acte de vente du pays ».
« Nous, membres de l’UDPS, fédération du Kasaï / CODE G14, considérant les différents textes institutionnels ayant jalonné l’histoire de notre pays, depuis la Loi fondamentale de 1960, en passant par la Constitution de Luluabourg de 1964, le Manifeste de la N’Sele de 1967, les textes constitutionnels du régime du Président Mobutu, l’Acte constitutionnel de la Transition issu de la Conférence nationale souveraine de 1992, le Décret-loi du Président Laurent-Désiré Kabila, ainsi que la Constitution de la Transition ayant conduit notre pays à l’actuelle Constitution promulguée en 2006 ;Considérant que les institutions de l’État doivent être au service du peuple, œuvrer pour son développement et assurer son bien-être ;Considérant l’état de guerre qui nous est imposé par certains pays voisins, en contradiction avec l’article 217 de notre Loi fondamentale ;Considérant l’absence, dans l’actuelle Constitution, d’un article définissant clairement l’étendue et la superficie réelle de notre territoire national ;Considérant les incohérences contenues dans les articles 91 et 198 de la Constitution actuelle ;Nous soutenons, à travers la marche de ce jour, le changement de l’actuelle Constitution », peut-on lire dans le mémorandum.
Ce message politique intervient dans un contexte marqué par des interrogations sur la position des autorités provinciales, notamment après le refus du gouvernorat de recevoir les manifestants.
Dans les rangs de l’UDPS, certains cadres dénoncent un « désaveu », tandis que d’autres évoquent des tensions internes. Par ailleurs, des sources locales indiquent que la marche aurait bénéficié d’un appui financier du gouverneur Crispin Mukendi, une information non confirmée officiellement.
Jean-Paul Kanku
