Au Kasaï, le bilan en matière d’infrastructures publiques continue de faire polémique plus de dix ans après le découpage des anciennes provinces. Depuis 2015, plusieurs observateurs dénoncent l’absence quasi totale de réalisations majeures financées sur fonds propres du gouvernement provincial, notamment dans les territoires de l’intérieur.

Dans des entités comme Ilebo, Mwèka, Luebo, Dekese ou encore Kamonia, aucun projet d’envergure financé exclusivement par les ressources provinciales ne serait visible, selon le journaliste web Jean-Paul Kanku, basé à Tshikapa. Une situation qui alimente frustrations et incompréhensions au sein des populations locales.

« Je ne suis pas contre le gouvernement provincial, mais je regrette que notre province n’inaugure presque rien de concret », déclare-t-il. Avant d’ajouter « Celui qui connaît un bâtiment construit dans ces territoires avec les fonds mobilisés par la province peut aussi nous éclairer ».

Au-delà du manque d’infrastructures, certaines données financières évoquées dans l’opinion publique renforcent les interrogations. Selon plusieurs sources locales, la province traînerait une dette estimée à près de 2 millions de dollars américains, héritée du mandat du deuxième gouverneur, Dieudonné Mpieme. Dans le même temps, l’actuel gouverneur, Crispin Mukendi, aurait procédé à l’acquisition d’un lot de 33 véhicules administratifs, dont le coût unitaire est estimé entre 35 000 et 50 000 dollars par véhicule, selon certaines sources.

Ces informations, bien que diversement appréciées, relancent le débat sur les priorités budgétaires de la province et la gestion des finances publiques. Pour plusieurs observateurs, l’absence d’investissements visibles dans les secteurs clés tels que la santé, l’éducation ou encore les infrastructures administratives contraste avec certaines dépenses jugées non prioritaires.

Cette situation met en lumière les défis liés à la gouvernance provinciale, notamment en matière de transparence, de planification et d’allocation des ressources. Dans les territoires ruraux du Kasaï, le manque d’infrastructures de base continue de freiner le développement et d’accentuer les inégalités entre les centres urbains et les zones enclavées.

À ce jour, les autorités provinciales ne se sont pas officiellement exprimées sur ces différentes allégations. Toutefois, les appels à plus de redevabilité se multiplient, certains acteurs de la société civile plaidant pour la mise en place d’un audit indépendant afin de faire toute la lumière sur l’utilisation des fonds publics depuis la création de la province.

La Rédaction

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