La tension monte au sein de l’administration publique urbaine de Kinshasa. Dans un document officiel daté du 25 mai 2026, l’Intersyndicale urbaine de l’administration publique de la ville a annoncé un préavis de grève de 48 heures, dénonçant des retards de paiement et une gestion jugée opaque des finances publiques.
Selon ce communiqué signé par les responsables syndicaux, les agents publics accusent plusieurs mois d’arriérés de salaires, notamment cinq mois impayés pour l’année 2026, auxquels s’ajoutent des retards remontant à 2025. Une situation que les syndicats qualifient d’« intenable » pour les travailleurs.
Des finances publiques pointées du doigt
Le document critique également le recours aux découverts bancaires par l’Hôtel de Ville de Kinshasa pour assurer le paiement des salaires. Les syndicats s’interrogent sur l’utilisation des recettes mobilisées par les services d’assiette, estimant que « les intérêts du trésor urbain ne sont pas préservés ».
Face à cette situation, l’Intersyndicale exige des mesures urgentes, notamment
Le décaissement immédiat des fonds nécessaires au paiement des salaires ;L’intégration effective de certains agents sur les listes de paie ;La publication d’un calendrier clair des paiements ;La régularisation de tous les arriérés accumulés ;
L’accélération des procédures pour une paie complète avant le 29 mai 2026.D’autres revendications portent sur la rétrocession de 5 % aux services d’assiette, la tenue d’assises de concertation, ainsi que l’octroi gratuit de nouvelles plaques d’immatriculation officielles aux agents en activité.
Une menace de grève illimitéeLes syndicats préviennent qu’en l’absence de réponse concrète des autorités, une grève illimitée pourrait être déclenchée dès le vendredi 29 mai 2026 sur toute l’étendue de la ville de Kinshasa.
« Nous osons croire que l’implication personnelle des autorités permettra de décrisper le climat social », indique le communiqué, qui appelle à une solution « juste et équitable » pour les agents concernés.
Un climat social sous pressionCette annonce intervient dans un contexte déjà marqué par des tensions sociales croissantes dans la capitale congolaise. Une paralysie de l’administration publique urbaine pourrait avoir des répercussions importantes sur les services de base et la gouvernance locale.
Les regards sont désormais tournés vers le gouvernement provincial et les autorités nationales, appelés à réagir rapidement pour éviter une crise sociale majeure dans la capitale.
Jean-Paul Kanku
