Au village Banga Lubero dans le secteur sud de Banga, en territoire d’Ilebo, les femmes et jeunes filles vivent depuis plusieurs mois une grave crise d’accès à l’eau potable. Entre longues distances à parcourir, exposition aux maladies hydriques et conditions de vie de plus en plus difficiles, elles dénoncent une situation qu’elles qualifient de « discrimination basée sur le genre ».

Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, les habitantes de cette partie du territoire d’Ilebo sont contraintes de marcher plusieurs kilomètres chaque jour pour se procurer de l’eau. Une corvée qui pèse principalement sur les femmes et les jeunes filles, déjà confrontées à la précarité sociale et économique.

« Nous souffrons énormément. Les sources d’eau que nous utilisions autrefois ne sont plus accessibles. Nos enfants tombent souvent malades à cause de l’eau impropre que nous consommons », déplore une habitante rencontrée sur place.

Les victimes estiment que cette situation constitue une violation flagrante du droit d’accès à l’eau potable, garanti par l’article 48 de la Constitution de la République démocratique du Congo.

Dans une déclaration accordée à la presse locale, plusieurs femmes accusent un concessionnaire forestier opérant dans la zone d’être à l’origine de cette crise. Elles soutiennent que les sources naturelles auraient été obstruées depuis le début de ses activités d’exploitation.

Des accusations rejetées en bloc par le concessionnaire cité dans cette affaire, Monsieur Croco Kimbamba, qui dénonce ce qu’il qualifie de campagne de dénigrement à son encontre.

« C’est une situation montée de toutes pièces. Je suis victime d’acharnement », a-t-il confié à la presse locale.Face à la montée des tensions, le conseil local de sécurité a effectué une descente sur terrain afin de s’enquérir de la situation et recueillir les différentes versions des faits.

En attendant les conclusions des enquêtes en cours, la population de Banga Lubero appelle les autorités provinciales et nationales à intervenir urgemment afin de rétablir l’accès à l’eau potable et prévenir une aggravation de la crise sanitaire dans cette partie du territoire d’Ilebo.

David Kawanga

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