Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a créé la surprise mercredi 6 mai en revenant publiquement sur ses précédentes déclarations relatives à une possible offensive contre le Rwanda. Lors d’un point de presse, le chef de l’État a présenté ses excuses à la population congolaise, reconnaissant avoir fondé ses prises de position sur des informations inexactes concernant la situation réelle des Forces armées de la RDC (FARDC).
Face à la presse, le président congolais a admis une erreur d’appréciation dans un contexte marqué par de fortes tensions sécuritaires dans l’Est du pays.
« Aujourd’hui, je vais profiter de cette occasion pour m’excuser devant les Congolais. Pas parce que je me suis dégonflé, mais simplement parce que j’avais reçu de fausses informations concernant notre armée », a déclaré Félix Tshisekedi.
Dans une intervention au ton particulièrement direct, le chef de l’État a également dressé un constat sévère sur l’état actuel de l’armée congolaise. Selon lui, les FARDC traversent une période de profond désordre organisationnel qui ne permettrait pas d’envisager un engagement militaire de grande ampleur.
« On ne va pas à la guerre avec une armée qui est totalement désorientée, décomposée, désordonnée », a insisté le président.
Ces déclarations interviennent alors que les relations entre la RDC et le Rwanda demeurent extrêmement tendues. Kinshasa accuse régulièrement Kigali de soutenir les rebelles du M23, actifs dans plusieurs zones de l’Est congolais. De son côté, le Rwanda rejette ces accusations, alimentant une crise diplomatique persistante entre les deux pays voisins.
La sortie médiatique du président Tshisekedi suscite déjà de nombreuses réactions au sein de la classe politique congolaise et de l’opinion publique. Certains observateurs saluent un discours de franchise et de responsabilité de la part du chef de l’État, tandis que d’autres y voient une illustration des faiblesses structurelles qui continuent d’affecter l’appareil sécuritaire national.
Jean-Paul KANKU
