Un nouvel incident mettant en cause la sécurité des professionnels des médias a été signalé dans la province du Kasaï. André Lama, journaliste à la Radio communautaire RTB émettant dans la cité frontalière de Nsumbula, a été victime d’une agression présumée de la part d’un militaire au poste de Mintenene, situé entre les villages Kamabanji et Shakalala, dans le groupement Bakua Mfuya, secteur de l’Entre-Kasaï Loangatshimo, territoire de Kamonia.

Selon le témoignage du journaliste, les faits se sont produits le mardi 5 février 2026 alors qu’il revenait d’une mission de service. À son arrivée au poste de contrôle, un agent de la Direction Générale de Migration (DGM), présent sur le lieu, l’aurait identifié auprès d’un militaire comme étant l’auteur de dénonciations radiophoniques sur des cas de tracasseries infligées aux usagers.

D’après André Lama, cette identification aurait provoqué la colère du militaire qui l’aurait menacé et agressé verbalement, lui intimant de cesser de citer les noms des agents de l’État dans ses interventions médiatiques, sous peine de représailles.

Cet incident intervient dans un contexte où plusieurs usagers dénoncent régulièrement des pratiques assimilées à des tracasseries aux postes de Mintenene et Katadi. Des porteurs de marchandises à vélo, communément appelés « Bayanda », ainsi que des passagers affirment être contraints de s’acquitter de paiements non officiels. Selon leurs témoignages, les détenteurs d’une carte d’électeur paieraient environ 1 000 francs congolais, tandis que ceux qui n’en disposent pas seraient soumis à des montants variant entre 2 000 et 3 000 francs congolais.

Des sources locales rapportent également que les usagers incapables de payer seraient contraints d’abandonner une partie de leurs marchandises en guise de compensation. Certains évoquent des cas de rétention prolongée au poste de contrôle en cas de refus de paiement. Des actes d’intimidation seraient également signalés contre ceux qui tentent de dénoncer ces pratiques.

Cet épisode relance les préoccupations liées à la liberté de la presse et à la protection des journalistes en zones rurales et frontalières, où les professionnels des médias sont souvent exposés à des pressions dans l’exercice de leur mission d’information du public.

Pierre Kandayi

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