Plusieurs initiateurs de masques traditionnels, communément appelés Nganga Mukhanda, ont été interpellés à Kamonia, dans la province du Kasaï, à la suite d’une décision ferme prise par l’administrateur du territoire de Tshikapa, Nico Ngenze Kitambala. Cette mesure s’inscrit dans le cadre de l’application stricte des instructions du ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, interdisant tout rassemblement avant, pendant et après la période des festivités de fin d’année.

Selon les autorités territoriales, ces initiateurs sont reprochés d’avoir maintenu des enfants en âge scolaire en brousse pendant près de six mois dans le cadre des rites d’initiation culturelle, en violation des dispositions légales relatives à l’éducation gratuite en République démocratique du Congo.
L’administrateur du territoire a rappelé que la coutume, bien que reconnue, doit s’exercer dans le strict respect des lois de la République. Il a précisé qu’un accord avait été conclu avec les responsables des initiations culturelles afin que ces pratiques aient lieu uniquement après la clôture de l’année scolaire et que les enfants soient libérés avant la rentrée. Le non-respect de cet engagement a motivé l’intervention de l’autorité.
Nico Ngenze Kitambala a également averti que toute personne qui se soustrairait à ces instructions s’exposerait aux mêmes sanctions que celles infligées au chef coutumier Shakabanga, déjà interpellé dans cette affaire. Une liste d’autres responsables impliqués serait en cours d’établissement, selon des sources administratives.

De son côté, le chef Shakabanga, accusé d’avoir gardé des enfants en brousse durant six mois, a affirmé ne pas avoir été informé à temps des messages officiels. Il a néanmoins annoncé la suspension des initiations culturelles dans sa juridiction afin d’éviter toute récidive. Il a assuré que de tels faits ne se reproduiraient plus dans sa localité du groupement Kamba Tshisanda, située à environ 15 kilomètres de Kamonia, chef-lieu du territoire de Tshikapa.

Par ailleurs, plusieurs témoignages font état de perturbations répétées des activités socio-économiques dans la cité de Kamonia lors des sorties des masques tshiokwe. Des sources concordantes signalent également l’érection de barrières sur certaines artères, une pratique jugée contraire aux orientations actuelles encadrant les manifestations culturelles.
Ces mesures interviennent peu après la vulgarisation d’un document officiel interdisant notamment les manifestations publiques non autorisées, l’usage de pétards, les rassemblements, la fermeture des débits de boisson ainsi que la circulation nocturne avant, pendant et après les fêtes.

Steve Kayembe, Kamonia

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