Le Tribunal Militaire de Garnison de Tshikapa et Kasaï tient depuis quelques jours une audience foraine à Lukombo, dans le secteur de Kabambayi, consacrée aux crimes commis entre 2016 et 2018 durant les violences liées au phénomène Kamuina Nsapu. Cette initiative judiciaire est accompagnée par le Réseau d’Actions pour la Promotion et la Défense des Droits de l’Homme au Congo (RAPRODHOC), grâce à l’appui de TRIAL International et du PNUD.
Selon Me Alain Nkashama Muana, Directeur Exécutif de RAPRODHOC, 273 victimes se sont constituées partie civile pour réclamer justice et obtenir réparation des préjudices subis. Il s’agit notamment de survivantes des violences sexuelles, de familles des personnes tuées ou disparues, ainsi que de victimes de destructions massives de biens.
Face au Tribunal Militaire, quatre personnes présumées auteurs répondent de charges particulièrement graves. Elles sont poursuivies pour le meurtre du chef Lukombo Tshisanga Kabitantshi, assassiné en 2017 par décapitation, mais aussi pour des viols sur des femmes et des filles, des pillages, des incendies de maisons et l’enrôlement forcé d’enfants dans le mouvement insurrectionnel Kamuina Nsapu.
Cette audience foraine constitue une étape cruciale pour les victimes longtemps restées dans le silence et l’attente d’une réparation. Elle marque également une avancée dans la lutte contre l’impunité des crimes graves commis au Kasaï, où les conflits ont laissé des séquelles profondes au sein des communautés.
Pierre Kandayi
