Le territoire de Tshikapa est plongé dans la douleur après un naufrage survenu mercredi 26 novembre sur le bief de Nangalula, dans le groupement de Mayanda, secteur de Kasaï Longatshimu. Une pirogue transportant 42 passagers a chaviré en pleine traversée, entraînant la disparition d’au moins une trentaine de personnes. Le bilan demeure provisoire et pourrait s’alourdir, selon les sources administratives locales.
L’administrateur du territoire, Nico Ngenza Kitambala, indique que 37 passagers sont toujours portés disparus. Une équipe d’enquête a été dépêchée sur les lieux afin d’identifier les causes exactes du drame et de déterminer les responsabilités. Les premiers éléments recueillis évoquent une possible ivresse des pagailleurs, ce qui aurait affecté la maîtrise de l’embarcation. Ces derniers ont été interpellés et placés en détention préventive en attendant les résultats des investigations. Si la thèse de l’ébriété se confirme, elle mettrait en évidence une négligence grave ayant coûté la vie à plusieurs voyageurs.
Ce naufrage relance le débat sur la sécurité fluviale dans la région du Kasaï, où la pirogue constitue souvent l’unique moyen de transport reliant villages et zones reculées. Les navigations sans gilets de sauvetage, la surcharge des embarcations et l’absence de mécanismes réglementaires stricts sont régulièrement dénoncées par les habitants. Les autorités sont encore appelées à renforcer la réglementation et à garantir des moyens de déplacement plus sûrs pour les populations riveraines.
Les recherches se poursuivent sur la rivière Luangatshimo. Au bord des eaux, les familles attendent, les regards tournés vers le courant qui pourrait encore ramener des corps ou sauver un survivant. L’émotion est vive, l’attente lourde, et la pression publique grandit autour des questions de responsabilité et de prévention des accidents similaires.
Joël Tshimuanga
