Depuis plusieurs semaines, la République démocratique du Congo connaît une baisse notable du taux du dollar et des prix de certains produits de première nécessité. Une embellie économique que le gouvernement présente comme le fruit de la bonne gestion monétaire et des efforts de stabilisation du marché. Mais dans les milieux politiques, cette tendance suscite de nombreuses interrogations.
Certains observateurs estiment que cette détente apparente ne serait pas fortuite. Selon eux, le président Félix Tshisekedi chercherait à installer un climat de confiance et d’apaisement économique avant de lancer un chantier politique majeur : la révision de la Constitution.
Les analystes politiques soulignent que le pouvoir actuel aurait besoin d’une opinion publique apaisée pour faire passer un projet aussi sensible que la modification de la loi fondamentale. « En baissant la pression économique, le gouvernement désarme les frustrations sociales et gagne du temps pour préparer l’opinion à un changement politique », explique un politologue contacté par Tshikapa News.net.
Sur les réseaux sociaux, plusieurs acteurs de la société civile appellent les Congolais à rester vigilants. Ils craignent que cette stabilité temporaire ne serve qu’à créer une illusion de prospérité avant de grandes décisions politiques.
« Une fois le projet de révision atteint, tout risque de reprendre à la hausse. Le peuple doit rester attentif et ne pas se laisser emporter par les apparences », prévient un militant pro-démocratie basé à Kinshasa.
Du côté du gouvernement, on balaie ces accusations d’un revers de main. Le ministre des Finances assure que la stabilité du franc congolais est le résultat d’« une discipline budgétaire et monétaire soutenue », et non d’une manœuvre politique.
Pour l’heure, l’opinion publique reste partagée entre optimisme prudent et scepticisme. Reste à savoir si cette accalmie économique s’inscrira dans la durée ou si elle n’est qu’un épisode temporaire avant une nouvelle phase politique plus mouvementée.
Pierre Kandayi
