Une opération de démolition massive a surpris ce mardi les habitants de l’avenue de la Poste, dans la commune de Kanzala, dans le cadre du projet Tshilejelu. Plusieurs maisons ont été détruites sans qu’un préavis immédiat ne soit appliqué sur le terrain, plongeant les riverains dans la panique et la détresse.
Les engins de la société JMC, chargée de l’exécution des travaux, sont intervenus en pleine journée, sans que les familles n’aient le temps de sauver leurs biens ou de trouver un abri alternatif. Sur place, les scènes de désolation et de cris témoignaient de l’ampleur du choc subi.
> « On savait que la démolition allait arriver, mais sans moyens pour partir, nous sommes restés en espérant une solution… Ce matin, ils sont venus sans pitié », raconte un sinistré les yeux embués de larmes.
Les autorités pointées du doigt
Pour les habitants concernés, les destructions ont été menées de manière brutale et sans accompagnement social. Aucune mesure d’indemnisation ou de relogement n’a été annoncée. Nombre d’entre eux dorment désormais dans des églises ou chez des proches, dans des conditions précaires.
Du côté des responsables du projet, la version diffère. Le directeur de la société JMC justifie l’intervention par une série d’avertissements ignorés :
> « Cette avenue est l’une des plus touchées par les constructions anarchiques. Les habitants ont été informés à plusieurs reprises. Ils ont refusé de partir. »
Un projet d’intérêt public, mais une méthode contestée
Le projet Tshilejelu, initié pour moderniser les infrastructures urbaines de Tshikapa, notamment les routes et les ouvrages d’assainissement, se heurte ici à la colère des populations. Si son objectif est salué pour améliorer la mobilité et le cadre de vie, la manière dont les déguerpissements sont menés soulève des critiques sur le respect des droits humains.
Aucune communication officielle des autorités provinciales n’a encore été faite pour apaiser les tensions ou proposer des mesures d’accompagnement.
Le développement urbain ne peut se faire au détriment de la dignité humaine. À Tshikapa, la modernisation des routes via le projet Tshilejelu commence sous haute tension.
Joël Tshimwanga
