Un moment fort du processus de justice transitionnelle s’est joué au cœur du Kasaï. Les autorités politico-administratives du Grand Kasaï, accompagnées de députés nationaux, de la société civile et d’experts en droits humains, se sont réunies à Kananga pour lancer officiellement les activités d’identification des victimes des violences liées à la milice Kamuina Nsapu, survenues entre 2016 et 2018.

Ce lancement marque un tournant décisif dans la reconnaissance des souffrances endurées par les populations de cette région meurtrie. L’initiative vise à documenter, recenser et reconnaître les victimes des atrocités, dans le but de poser les bases d’une réparation juste et d’une réconciliation durable.

Présent à cette cérémonie solennelle, le vice-gouverneur du Kasaï, Djoy Djoley Bokele, a salué un acte de mémoire et de justice. Dans son discours, il a insisté sur la portée humaine et symbolique de ce travail

‎« Il ne s’agit pas seulement de comptabiliser des morts ou des blessés, mais de reconnaître la souffrance des familles, de reconstruire notre tissu social, et surtout de garantir que de tels drames ne se répètent plus jamais

Parmi les activités prévues dans le cadre de cet atelier figurent l’établissement d’un registre nominatif des victimes, la collecte de témoignages et la cartographie des zones les plus touchées dans les cinq provinces du Grand Kasaï (Kasaï, Kasaï-Central, Kasaï-Oriental, Sankuru et Lomami). Ces opérations bénéficieront de l’appui de plusieurs partenaires nationaux et internationaux, engagés dans la promotion des droits humains et de la justice réparatrice en RDC.

Les violences perpétrées par la milice Kamuina Nsapu, dans un contexte de tensions politico-traditionnelles, ont causé des milliers de morts, des déplacements massifs de populations, des cas de violences sexuelles à grande échelle, ainsi que l’enrôlement forcé d’enfants. Les conséquences humanitaires et sociales continuent de hanter les communautés locales.

Le lancement de ce processus d’identification représente un acte fondateur, celui de la reconnaissance officielle des victimes et de leur droit à la justice, à la mémoire et à la réparation. Il constitue également un signal d’espoir pour une région qui aspire, plus que jamais, à tourner la page de la douleur et à construire un avenir fondé sur la vérité, la dignité et la paix.

Daniel NDAYE

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