La province de Lomami est secouée par une vague de répression politique dénoncée par plusieurs sources locales. À Lubao, douze jeunes identifiés comme sympathisants de l’opposant Constant Mutamba sont détenus depuis plus de vingt jours dans des conditions qualifiées d’inhumaines. Leur seul « tort » : avoir pris part à une marche pacifique en soutien à l’ancien ministre de la Justice.
Parmi ces jeunes issus de Lubao Centre, Kibidi et Kabao, six ont été arbitrairement transférés à Mwene-Ditu devant le tribunal militaire de garnison, une juridiction incompétente en la matière selon les experts du droit. Cette manœuvre, attribuée au gouverneur de la province, Iron van Kalombo Musoko, est perçue comme une tentative d’intimidation politique.
Le climat s’est encore détérioré avec l’arrestation brutale de Maître Chérif Nkolomoni, avocat venu assurer la défense des jeunes détenus. Selon des témoignages concordants, ce défenseur judiciaire près le tribunal de grande instance de Kabinda aurait été torturé par des éléments des FARDC sur instruction du gouverneur lui-même.
Pour les observateurs, ces faits marquent une dérive inquiétante : la justice militaire semble détournée de sa mission pour servir d’instrument de répression contre des voix critiques et opposantes.
Derrière cette campagne d’intimidation, plusieurs sources évoquent l’implication d’acteurs politiques locaux frustrés par la popularité grandissante de Mutamba dans cette partie du pays. Des actes de répression qui s’intensifient alors que les véritables défis de la province — tels que le chômage, l’enclavement, la pauvreté et l’insécurité — restent sans réponse concrète.
Le silence des autorités judiciaires et administratives face à ces atteintes aux droits fondamentaux suscite l’indignation. Des voix s’élèvent pour exiger la libération immédiate des jeunes détenus, la protection des défenseurs des droits humains et l’ouverture d’une enquête indépendante sur les abus imputés au gouverneur Kalombo Musoko.
« À Lubao, on n’emprisonne pas des jeunes pour des délits, mais pour leurs opinions. Et l’histoire retiendra que face à la répression, le peuple n’a pas plié », commente un membre influent de la société civile locale.
Samuel Mulenda
