L’Assemblée provinciale du Kasaï a clos vendredi sa session ordinaire de mars 2025, après trois mois d’intenses travaux législatifs et de contrôle parlementaire. Dans son discours de clôture, le président de l’organe délibérant, Alain Tshisungu Ntumba, a dressé un bilan globalement positif, tout en pointant plusieurs défis majeurs qui freinent le développement provincial.
Durant ces 90 jours, les députés provinciaux ont multiplié les séances plénières et les réunions en commissions, exerçant un suivi étroit sur l’action du gouvernement provincial et des services publics. Le président Tshisungu s’est réjoui du lancement officiel du projet Tshilejelu à Tshikapa, présenté comme une initiative phare du Chef de l’État visant à relancer les infrastructures. Il a également salué la reprise des travaux de la route Tshikapa–Kandjanji, suspendus depuis plusieurs mois.
Toutefois, il a exprimé de vives préoccupations sur plusieurs fronts, notamment la montée de l’insécurité à Tshikapa, les conflits coutumiers alimentés par la création illégale de nouveaux groupements, et l’exploitation minière clandestine dans les localités de Diboko et Komba, où plusieurs décès ont été enregistrés.
« Le gouvernement provincial doit restaurer l’ordre public et préserver la paix sociale », a insisté M. Tshisungu, appelant à des mesures fortes et urgentes contre ces dérives. Il a également exhorté l’exécutif à finaliser les nombreux chantiers abandonnés, notamment les ravins de Sokajik et Kapongo ainsi que le bâtiment inachevé de l’Assemblée provinciale.
En réponse aux rumeurs persistantes faisant état de tensions entre l’Assemblée et le gouvernement provincial, le président de l’organe délibérant a formellement démenti l’existence d’une quelconque crise, affirmant que la collaboration reste stable et fidèle à la vision du Président de la République.
M. Tshisungu a rappelé que le contrôle parlementaire demeure un principe constitutionnel et que la période de vacances parlementaires qui s’ouvre n’est pas un congé, mais un moment d’écoute et de proximité avec les citoyens. Il a mis en garde contre « ceux qui tentent de diviser les institutions provinciales au profit de leurs ambitions personnelles ».
En bref, la session se clôt sur un double constat : des avancées significatives en matière d’infrastructures et de contrôle, mais aussi des urgences sécuritaires et sociales qui exigent des réponses concrètes et rapides.
Pierre Kandayi
