Alors que le Nord-Kivu continue de faire face à l’instabilité, la population de Goma vit ce week-end entre l’inquiétude et un élan de solidarité.
Des combats sporadiques ont repris cette semaine entre les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et le mouvement rebelle M23 dans les territoires de Rutshuru et Masisi. Selon plusieurs sources locales, ces affrontements ont entraîné un nouvel afflux de familles déplacées vers les camps installés autour de Goma, notamment à Kanyaruchinya et Bulengo.
> « La situation est dramatique. Les nouveaux arrivants n’ont rien, même pas une couverture. Nous faisons face à un risque élevé de choléra et de malnutrition aiguë », alerte une responsable de Médecins Sans Frontières.
Une crise humanitaire qui s’aggrave
D’après le Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA), plus de 20 000 personnes se sont déplacées ces dix derniers jours, portant à plus de 600 000 le nombre total de déplacés dans le Nord-Kivu depuis 2022.
Les ONG sur place multiplient les distributions de vivres et d’eau potable. Toutefois, les stocks demeurent insuffisants. La ville de Goma doit également composer avec une pression accrue sur les services sociaux :
écoles saturées,
hôpitaux débordés,
insécurité alimentaire touchant près de 40% des ménages.
Plusieurs cas de malnutrition sévère ont été recensés parmi les enfants nouvellement arrivés.
Efforts diplomatiques et initiatives locales
Malgré les violences, les discussions régionales se poursuivent. Vendredi, une délégation de l’EAC et de l’Union Africaine s’est rendue à Goma pour rencontrer les autorités provinciales et les acteurs humanitaires.
Dans la ville, la population fait preuve de résilience. Des collectes de vivres sont organisées dans les paroisses et les radios communautaires multiplient les émissions pour appeler au calme et promouvoir la coexistence pacifique entre les communautés.
> « Nous savons que c’est entre nos mains de préserver la paix. Nous ne devons pas céder à la haine et aux divisions », a déclaré le pasteur Mateso, lors d’un rassemblement interconfessionnel ce samedi matin.
Un climat d’inquiétude
La sécurité urbaine reste relativement sous contrôle grâce à une présence policière renforcée, mais les vols et agressions se multiplient, alimentés par la pauvreté et la promiscuité.
Les habitants de Goma attendent toujours des solutions durables. Beaucoup expriment leur lassitude face à une crise qui s’éternise :
> « Chaque fois qu’on croit que ça va se calmer, ça recommence. Nous voulons la paix, simplement vivre comme tout le monde », témoigne une mère de famille rencontrée au marché Virunga.
Pierre Kandayi
