L’agence d’exécution JMC annonce le début des travaux d’assainissement dès la semaine prochaine. Pendant ce temps, le gouverneur de la province ordonne aux occupants des avenues concernées de libérer les emprises publiques avant dimanche 20 avril, sous peine de démolition. Décryptage.

Le projet tant attendu de réhabilitation des voiries urbaines à Tshikapa, Tshilejelu, entre enfin dans sa phase active. L’agence en charge des travaux, JMC, a confirmé à notre rédaction que les opérations d’assainissement débuteront dès la semaine prochaine. Une nouvelle qui redonne espoir aux habitants de cette ville longtemps confrontée à des routes dégradées.

Mais cette bonne nouvelle s’accompagne d’un ultimatum sévère. Dans un communiqué signé par son directeur de cabinet Faustin Kambala Illunga, le gouverneur de province Maître Crispin Mukendi a sommé tous les riverains des avenues Likasi 1, Likasi 2, Filaire, Kabangu, de la Banque, Rond-Point 6 Heures, du Stade, TIT et Kalonda d’évacuer les emprises publiques avant dimanche 20 avril 2025 à minuit. Passé ce délai, les constructions érigées dans ces zones seront démolies sans autre avertissement pour permettre la mise en œuvre du projet.

Que dit la loi congolaise ?
Interrogé sur la légalité d’une telle mesure, Maître Didier Kalombo, expert en droit foncier, explique :
« Le Code de l’Urbanisme et la Loi foncière congolaise autorisent l’État à démolir les constructions illégales sur les emprises publiques après une mise en demeure. Cependant, si les occupants peuvent prouver une occupation ancienne et régularisée, ils pourraient exiger une indemnisation. Un délai de 72 heures reste très court et pourrait être contesté en justice. »

Réactions mitigées des riverains
Sur le terrain, les avis sont partagés. Certains habitants se disent prêts à coopérer, mais réclament des solutions alternatives. « On comprend l’importance des travaux, mais où allons-nous aller ? Personne ne nous a proposé de relogement », témoigne Jean Kabongo, habitant de l’Avenue Kabangu. D’autres, comme Mama Léontine, vendeuse au Rond-Point 6 Heures, s’insurgent : « Ces maisons sont là depuis l’époque de nos parents. Pourquoi nous parler d’emprise publique seulement aujourd’hui ? »

Un projet vital pour Tshikapa
Au total, 15 kilomètres de voiries urbaines seront réhabilités dans le cadre de ce projet, qui vise à désenclaver la ville et améliorer la circulation. Reste à voir si les autorités parviendront à concilier urgence des travaux et droits des populations affectées.

Pierre Kandayi

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