Face aux critiques venant de Kinshasa et de la diaspora, les habitants de l’Est du pays brisent le silence. Ils dénoncent une incompréhension totale de leur réalité et rejettent les jugements portés sur leurs actions et décisions.
« Avant de nous condamner, mettez-vous à notre place », lancent-ils dans un message poignant. Depuis plus de 30 ans, la guerre ne leur laisse aucun répit. Chaque jour, des civils sont tués, des familles brisées, des fosses communes creusées. Bombardements, massacres, viols, insécurité permanente : vivre à Goma, Beni, Rutshuru ou Minova, c’est survivre dans l’horreur.
Ils interpellent ceux qui, loin du front, semblent minimiser leur détresse. « Avez-vous déjà vu un cimetière avec plus de 3 000 corps ? Avez-vous déjà dormi à côté des cadavres faute de place dans les morgues ? » s’indignent-ils.
Alors que les autorités imposent des rassemblements sous peine de sanctions, une question s’impose : que faire lorsque l’État ne protège plus, lorsque la peur et la faim remplacent l’espoir ?
Les habitants de l’Est ne réclament qu’une chose : être compris et soutenus au lieu d’être jugés. Mais jusqu’à quand pourront-ils survivre ?
Rédaction
