L’épidémie d’Ebola signalée dans la province du Kasaï continue de s’aggraver. À ce jour, les autorités sanitaires rapportent 32 cas confirmés, dont 15 décès, soit un taux de létalité alarmant avoisinant les 47 %. La situation devient critique, alors que plusieurs zones sanitaires passent en alerte maximale.
Les zones de Bulape et Mweka ont été classées en catégorie A, ce qui signifie qu’elles sont actuellement les plus touchées et sous haute surveillance. Les zones de Luebo, Dekese et Ilebo sont quant à elles en catégorie B, tandis que le reste de la province est en catégorie C, désignant des zones à risque modéré mais sous observation.
« L’évolution actuelle de l’épidémie indique un risque réel de propagation à l’ensemble de la province si des mesures drastiques ne sont pas appliquées immédiatement », alerte un expert du ministère de la Santé basé à Tshikapa.
Les autorités provinciales, en collaboration avec les partenaires de santé internationaux, appellent à la vigilance communautaire et à l’intensification des campagnes de sensibilisation. Des équipes de riposte sont déjà déployées dans les zones les plus critiques, avec un renforcement du dépistage, de la traçabilité des contacts, ainsi que des protocoles d’isolement.
La population est invitée à respecter scrupuleusement les consignes sanitaires, notamment l’hygiène des mains, la limitation des déplacements non essentiels et la déclaration immédiate de tout cas suspect.
🔍 Un risque de crise sanitaire à grande échelle ?
Les spécialistes redoutent que le contexte socio-économique fragile du Kasaï, conjugué à un accès limité aux soins de santé dans plusieurs zones rurales, favorise une expansion rapide du virus. En l’absence de réaction coordonnée, le Kasaï pourrait faire face à l’une des plus grandes flambées d’Ebola de son histoire.
Un appel urgent est lancé au gouvernement central et aux partenaires humanitaires pour soutenir logistiquement et financièrement la riposte.
Pierre Kandayi
