Dans sa carte blanche n°300 intitulée « Dialogue politique inclusif, entre illusion et réalité », l’homme politique congolais Steve Mbikayi livre une lecture nuancée de l’initiative annoncée par le Président de la République à l’issue de sa rencontre avec l’archevêque de Kinshasa. À contre-courant des critiques, il estime que ce projet ne saurait être assimilé aux précédents dialogues politiques ayant jalonné l’histoire du pays.
Selon lui, cette initiative s’apparente davantage à de véritables « États généraux de la République », une perspective qu’il affirme avoir anticipée deux semaines auparavant. Steve Mbikayi insiste sur une différence fondamentale, contrairement aux dialogues de la Conférence nationale souveraine (CNS), de Sun City ou encore de la Cité de l’Union africaine, le contexte actuel ne se caractérise pas par une crise de légitimité du pouvoir issu des urnes.
« Le temps du partage du pouvoir parce que nul n’a gagné est révolu », soutient-il. Pour l’ancien ministre, la crise que traverse la République démocratique du Congo est avant tout liée à une agression extérieure, nécessitant une réponse nationale coordonnée. Dès lors, l’objectif principal du forum serait de fédérer les forces vives de la nation afin de porter une voix commune, tant sur le plan national qu’international.
Sur la question des réformes, Steve Mbikayi rappelle que les changements constitutionnels relèvent des prérogatives des élus. Toutefois, il reconnaît que l’adhésion populaire demeure un levier essentiel pour renforcer leur légitimité. Il évoque également, sans détour, l’éventualité d’une ouverture politique, qualifiant de « secret de Polichinelle » l’entrée de certaines figures de l’opposition au sein du gouvernement.
Dans cette optique, le dialogue servirait de cadre à la formation d’un gouvernement d’ouverture, sans pour autant remettre en cause les institutions en place. « Il ne faut pas juger ce forum par son appellation, mais par sa finalité », insiste-t-il, appelant à dépasser les querelles sémantiques autour des termes « dialogue », « concertation » ou « États généraux ».
Enfin, Steve Mbikayi plaide pour un climat politique apaisé, invitant les acteurs à abandonner les « déclarations tonitruantes », les villes mortes et les marches de protestation au profit d’une dynamique constructive. Les conclusions des travaux, précise-t-il, seront soumises au Chef de l’État, à qui reviendra la responsabilité d’en décider l’application.
La Rédaction
