Lorsque le sénateur Joseph Ngalamulume dénonçait l’implication de certains élus nationaux dans la gestion des projets d’intérêt commun du Kasaï et mettait en garde contre l’inexpérience de certaines entreprises bénéficiaires des marchés publics, beaucoup avaient choisi de le critiquer au lieu d’écouter ses préoccupations.
Pourtant, ses alertes étaient motivées par la volonté de protéger les intérêts de la province et d’éviter des projets sans résultats concrets.
Aujourd’hui, les faits lui donnent raison. Dans une correspondance officielle du ministère des Infrastructures et Travaux publics, le gouvernement a exigé la résiliation du contrat de sous-traitance avec l’entreprise Horizon Corporation, accusée de ne pas être capable d’offrir ses services dans les délais attendus pour le projet de construction de l’aéroport de Tshikapa.
Cette décision confirme les doutes exprimés depuis longtemps sur les capacités techniques réelles de cette société et sur la viabilité du projet
Le sénateur Joseph Ngalamulume avait pourtant demandé des éclaircissements sur les études de faisabilité, le financement du projet et les critères ayant conduit à l’attribution du marché.
Il insistait également sur la nécessité d’une gestion transparente et d’un suivi rigoureux impliquant les élus locaux ainsi que les techniciens congolais. Ce qui était perçu hier comme une critique excessive apparaît aujourd’hui comme une analyse lucide et responsable.
Au lieu d’écouter ces préoccupations, certains avaient préféré défendre aveuglément ces sociétés et s’opposer aux dénonciations faites au nom de l’intérêt général. Aujourd’hui, où sont ceux qui présentaient ces critiques comme des attaques politiques ? Le silence actuel en dit long.
Cette affaire doit servir de leçon : les projets publics ne doivent plus être attribués sur base des intérêts politiques ou des arrangements obscurs, mais sur la compétence, l’expérience et la capacité réelle à exécuter les travaux.
Le Kasaï mérite des projets sérieux et des résultats visibles pour sa population.
Le Kasaï ne peut pas devenir un terrain d’expérimentation administrative pour certaines entreprises retenues dans l’exécution des travaux publics. La population kasaïenne mérite des projets réalisés avec sérieux, compétence et dans le respect strict des engagements contractuels.
Toute entreprise appelée à intervenir dans la province doit démontrer sa capacité technique, financière et opérationnelle, au lieu de transformer les chantiers en laboratoires d’improvisation au détriment du développement de la province.
Jean-Paul Kanku
