Dans le territoire d’Ilebo, dans la province du Kasaï, la population du village Biponga vit depuis près d’une décennie une pénurie chronique d’eau potable. Située à environ 87 kilomètres de Banga Centre, chef-lieu du secteur Sud-Banga, cette communauté reste confrontée à une crise persistante d’accès à une eau saine, conséquence indirecte des violences liées aux conflits Kamuina-Nsapu.
Depuis ces événements qui ont profondément marqué la région, les infrastructures et les sources d’approvisionnement en eau ont été fortement détériorées. Plusieurs sources locales rapportent que les eaux de pluie ont progressivement dégradé les points d’eau existants, aggravées par l’absence d’aménagements appropriés et d’infrastructures hydrauliques capables de répondre aux besoins de la population.
Privés d’un système d’approvisionnement fiable, les habitants sont contraints de parcourir de longues distances pour s’approvisionner dans des sources souvent insalubres. Dans certains cas, les riverains utilisent directement l’eau de la rivière Kasaï pour les besoins domestiques, une pratique qui expose la communauté à de nombreux risques sanitaires.
Cette situation pèse lourdement sur le quotidien des ménages, particulièrement sur les enfants. Les maladies d’origine hydrique deviennent fréquentes et perturbent à la fois la santé et la scolarité des plus jeunes.
« J’ai souvent mal au ventre lorsque je bois cette eau, mais nous n’avons pas d’autre choix », confie, sous anonymat, une fillette de la localité.
Au sein de la communauté, les inquiétudes se multiplient face aux conséquences sanitaires de cette crise. Pour Sedar Mandjuandjua, notable de Biponga, l’absence d’accès à l’eau potable constitue aujourd’hui l’un des principaux facteurs de maladies dans la zone.
« Le manque d’accès à l’eau potable est la première cause de maladies dans notre communauté », déplore-t-il.
Dix ans après les conflits Kamuina-Nsapu, qui avaient provoqué des pertes en vies humaines, l’incendie de nombreuses habitations et des déplacements massifs de populations, les habitants de Biponga, notamment dans le groupement Ngara 2, continuent de vivre dans des conditions précaires sans accès à une eau potable.
Face à cette situation jugée préoccupante, la population locale appelle à l’intervention urgente des autorités et des partenaires humanitaires afin de mettre en place des solutions durables pour l’approvisionnement en eau potable dans cette partie du territoire d’Ilebo.
David Kawanga
