La ville d’Inongo a vibré au rythme d’une manifestation pacifique inédite. Les enseignants de la Province Éducationnelle Maï-Ndombe 1, venus aussi bien de la ville que du territoire d’Inongo, ont battu le pavé pour exprimer leur ras-le-bol face aux difficultés liées au paiement de leurs salaires par la banque Afriland.
Brandissant des pancartes et scandant des chants revendicatifs, ces professionnels de l’éducation dénoncent ce qu’ils qualifient de “mauvais traitement” de la part des responsables de ladite banque, accusée de retards et de pratiques jugées abusives dans la gestion de leurs rémunérations.
« Nous exigeons la régularisation immédiate du paiement de nos salaires. Tant que rien ne sera fait, la grève se poursuivra », a déclaré Gédéon Mfuba Bompanye, porte-parole de circonstance des enseignants, dans une atmosphère mêlant colère et détermination.
Au-delà de leurs revendications salariales, les manifestants ont également désavoué le comité de leur intersyndicale, dirigé par Roger Bola Bikula, qu’ils accusent de corruption et de complaisance vis-à-vis des autorités bancaires. Selon eux, ce comité aurait failli à sa mission de défendre les intérêts des enseignants face aux multiples injustices dont ils se disent victimes.
La marche s’est déroulée dans le calme, sous l’œil vigilant des forces de l’ordre, jusqu’à la direction provinciale de l’éducation où un mémorandum a été déposé. Les enseignants préviennent : sans solution concrète, la grève restera ouverte et illimitée.
Sur place, Blaise Mabala, correspondant de b-One à Inongo, a suivi de près cette mobilisation citoyenne qui met une fois de plus en lumière les conditions précaires dans lesquelles évoluent les acteurs du secteur éducatif au Maï-Ndombe.
Pierre Kandayi
