Malgré les nombreuses promesses électorales, le pont Lunyeka reste impraticable depuis son effondrement il y a plus de quatre ans. Ce secteur, le plus vaste du territoire de Tshikapa, souffre d’un enclavement chronique alors qu’il compte parmi ses fils plusieurs figures politiques influentes, aussi bien au niveau national que provincial.
Un secteur richement représenté, mais toujours enclavé
Lunyeka est la base politique de plusieurs personnalités telles que le ministre national de pêche et élevage Jean-Pierre Tshimanga Buana, le sénateur Nkole Tshimuanga, le gouverneur Crispin Mukendi, et bien d’autres. Pourtant, malgré leur poids politique, aucune action concrète n’a été menée pour désenclaver ce secteur. La population, exaspérée par des promesses non tenues, se sent abandonnée.
« Le pont Lunyeka nous est vital, mais il menace de s’effondrer complètement. Les motos et vélos peinent à traverser, les véhicules évitent le trajet, et malgré nos appels à l’aide, les autorités restent silencieuses », confie un habitant du secteur.
Un projet enfin sur la table, mais des doutes persistent
Face à la pression populaire, l’Office des routes a annoncé que le pont Lunyeka serait inclus dans la deuxième phase du programme de construction de 44 ponts modulaires à travers le pays. Ses éléments sont déjà arrivés à Tshikapa, et l’ouvrage, d’une capacité de 45 tonnes, devrait bientôt être installé grâce aux efforts du gouvernement central.
Si cette nouvelle apporte un espoir, elle suscite aussi la méfiance. Certains dénoncent les récupérations politiciennes autour du projet, à l’image de Me Sylvain Tshiaba, qui met en garde contre ceux qui voudraient s’attribuer le mérite d’une initiative gouvernementale.
Une population fatiguée, mais vigilante
Pour les habitants de Lunyeka, cette annonce reste à prendre avec prudence. Trop souvent, des engagements ont été faits sans lendemain. La population, lasse des promesses vaines, attend des actions concrètes et durables.
« Qui sauvera Lunyeka ? » se demandent les habitants. Une question qui résonnera encore longtemps si les autorités ne passent pas enfin des paroles aux actes.
Pierre Kandayi
