Depuis plusieurs semaines, l’Est de la République Démocratique du Congo est ravagé par une nouvelle offensive meurtrière du M23, un groupe rebelle soutenu par le Rwanda. À la tête de cette insurrection, un nom revient avec insistance : Sultani Makenga, chef militaire du M23, accusé de crimes de guerre et de multiples atrocités. Son parcours est marqué par la guerre, les trahisons et une mystérieuse détention au Rwanda avant son retour sanglant sur la scène congolaise.

Un soldat devenu chef rebelle

Né en 1973 à Masisi (Nord-Kivu), Makenga rejoint dès l’adolescence le Front Patriotique Rwandais (FPR), luttant aux côtés de Paul Kagame durant la guerre civile rwandaise. Après la prise de pouvoir du FPR en 1994, il est intégré à l’armée rwandaise, mais son ascension est freinée par son faible niveau d’éducation. Il est alors envoyé en RDC, où il participe au renversement de Mobutu Sese Seko en 1997 et aux guerres successives qui ravagent le pays.

Trahison et emprisonnement au Rwanda

Makenga reste fidèle à Kigali jusqu’en 2000, lorsqu’il refuse un ordre de rapatriement. Accusé d’insubordination, il est arrêté et envoyé sur l’île d’Iwawa, une prison militaire rwandaise isolée sur le lac Kivu. Ce bagne, réservé aux soldats récalcitrants, marque une pause dans sa carrière de chef de guerre.

Un retour stratégique et une ascension sanglante

Libéré après plusieurs années, Makenga est réhabilité par Kigali, qui voit en lui un atout pour ses ambitions en RDC. En 2009, il est brièvement intégré dans l’armée congolaise avant de trahir Kinshasa en 2012 en prenant la tête du Mouvement du 23 mars (M23). Cette rébellion, sous prétexte de défendre les Tutsis congolais, s’empare de Goma, déclenchant une crise internationale.

Un criminel insaisissable

Après la défaite du M23 en 2013, Makenga trouve refuge en Ouganda. Malgré les pressions de Kinshasa, Kampala refuse son extradition. Il refait surface en 2021, relançant les hostilités avec un soutien militaire rwandais de plus en plus manifeste.

Condamné mais toujours en fuite

En 2023, la justice militaire congolaise le condamne à mort par contumace pour crimes de guerre. Pourtant, il reste insaisissable, poursuivant ses attaques et plongeant l’Est du pays dans une spirale de violence.

Alors que la RDC tente de résister à cette menace persistante, une question demeure : jusqu’à quand Makenga continuera-t-il à semer le chaos en toute impunité ?

Pierre Kandayi

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