Le message lancé par le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo à la jeunesse congolaise, lors de son adresse à la nation du 27 août 2026 à Kinshasa, résonne comme un appel à la responsabilité. Le chef de l’État a notamment exhorté les jeunes à prendre une part active au processus de dialogue, à défendre leurs idées et à refuser toute forme de manipulation, de haine et de violence.
« Ne laissez personne décider de votre avenir sans vous. Prenez toute votre place dans ce processus. Portez-y vos idées, vos exigences, votre créativité et votre volonté de transformation », a déclaré Félix Tshisekedi.
Un discours qui pose une question particulière au Kasaï : la jeunesse de cette province est-elle réellement prête à prendre son destin en main ou reste-t-elle prisonnière des manipulations politiques ?
Dans plusieurs milieux, la jeunesse est devenue un important réservoir de mobilisation politique. Mais au lieu de transformer cette énergie en force de proposition, certains jeunes se retrouvent parfois utilisés comme instruments dans des querelles politiques qui ne répondent pas directement à leurs préoccupations quotidiennes.
Pour quelques observateurs, le véritable défi consiste désormais à sortir d’une politique basée sur les slogans, les rivalités, les divisions communautaires et les intérêts individuels.
Le problème n’est pas l’engagement politique de la jeunesse. Au contraire, une jeunesse engagée est indispensable à la démocratie. Mais cet engagement perd son sens lorsqu’il est réduit à défendre aveuglément un camp, une personnalité ou un intérêt financier ponctuel.
Le « forfait mensuel » ne doit pas remplacer la conscience citoyenne
Dans les discussions locales, certains jeunes dénoncent eux-mêmes des pratiques consistant à mobiliser des groupes de jeunes en échange de sommes d’argent ou d’avantages ponctuels. Si de telles pratiques existent, elles posent une question fondamentale : que restera-t-il à la jeunesse lorsque le financement politique s’arrêtera ?
Un jeune qui accepte de vendre sa voix, son opinion ou sa capacité de mobilisation pour un simple soutien financier ponctuel risque de compromettre son propre avenir politique.
Le Kasaï a besoin d’une jeunesse capable de poser des questions, d’exiger des comptes, de proposer des solutions et de défendre ses intérêts sans devenir l’instrument des autres.
L’appel présidentiel prend également une dimension particulière dans un contexte où les débats politiques peuvent rapidement se transformer en affrontements identitaires.
Félix Tshisekedi a explicitement demandé à la jeunesse de « rejeter les discours de haine, les manipulations identitaires et les appels à la violence ».
Ce message devrait interpeller chaque jeune du Kasaï. La politique ne devrait pas être une compétition entre communautés, territoires ou tribus. Elle devrait avant tout être une confrontation d’idées, de projets et de visions pour le développement.
Une jeunesse qui se laisse diviser est facilement manipulable. Une jeunesse consciente, informée et organisée devient, au contraire, une véritable force de transformation.
À la jeunesse du Kasaï de choisir désormais entre deux chemins : rester une simple force de mobilisation au service des ambitions des autres ou devenir une génération capable de construire son propre agenda.
Les jeunes doivent pouvoir soutenir un responsable politique lorsqu’ils approuvent son action, le critiquer lorsqu’il échoue et lui demander des comptes lorsqu’il ne respecte pas ses engagements.
Le message de Félix Tshisekedi est donc clair : l’avenir de la République ne peut pas être décidé sans sa jeunesse.
Au Kasaï comme ailleurs, le véritable réveil de la jeunesse commencera lorsque celle-ci cessera d’être une foule à mobiliser et deviendra une force citoyenne capable de réfléchir, de décider et d’agir par elle-même.
Jean-Paul Kanku
