Les vacances parlementaires, une période censée symboliser le lien indéfectible entre les élus et leurs électeurs, semblent avoir perdu leur sens dans la province du Kasaï. Parmi les 18 députés nationaux représentant cette région, un seul, Djallo Meba Kalumba, s’est illustré en communiant véritablement avec sa base électorale, honorant ainsi la véritable essence de cette pause institutionnelle.

Malheureusement, pour la majorité de ces élus, les vacances parlementaires sont devenues une formalité administrative. Les uns se réfugient à Kinshasa, d’autres s’envolent pour l’étranger, tandis que certains réduisent ces visites de proximité à des missions personnelles. Pourtant, tous perçoivent des frais de mission destinés à financer leur immersion auprès des populations qu’ils représentent.

Vacances parlementaires : un concept galvaudé

En République Démocratique du Congo, les vacances parlementaires ont pour but de permettre aux élus de se rapprocher de leurs électeurs, d’écouter leurs doléances et de leur rendre compte des actions parlementaires. Ces moments sont cruciaux pour évaluer l’impact des politiques publiques et renforcer la confiance avec la base électorale. Pourtant, dans le Kasaï, la déconnexion entre les élus et leurs électeurs atteint un seuil alarmant.

Une incompréhension ou un mépris délibéré ?

Pour de nombreux députés du Kasaï, il semble que l’objectif des vacances parlementaires reste une énigme. Certains n’ont jamais effectué de visites post-électorales dans leurs circonscriptions, encore moins pour rendre des comptes. C’est le cas des députés Jean Mbaya Kandudi, Wagner Tshienda, Grégoire Mbaza, Bushab Bope Antoine ou encore Mandiandia Fortunat, souvent cités parmi les grands absents.

Le constat est amer : une fois élus, ces représentants désertent leurs bases, ignorant les attentes et besoins d’une population qui, malgré les privations, leur avait accordé sa confiance. Pour d’autres, l’absence s’explique par une peur d’affronter les populations, conscientes des promesses non tenues et des attentes déçues.

Quelle solution pour rétablir la confiance ?

La rupture entre les députés et leurs électeurs au Kasaï reflète un besoin urgent de réformer les pratiques parlementaires. Il est impératif que le bureau de l’Assemblée nationale organise des ateliers de sensibilisation et de renforcement des capacités pour rappeler aux élus leur rôle et l’importance des vacances parlementaires.

Par ailleurs, il revient également aux députés eux-mêmes de redonner du sens à leur mandat. Il ne suffit pas de se justifier par des contraintes ou des agendas personnels. Communier avec la base électorale est non seulement une obligation morale, mais aussi une condition essentielle pour garantir une gouvernance inclusive et efficace.

Les électeurs doivent reprendre le contrôle

La démocratie repose sur la responsabilité et l’imputabilité. En 2028, lorsque les urnes s’ouvriront à nouveau, les électeurs du Kasaï devront se souvenir de ces absences et des promesses trahies. Le changement commence par le choix des leaders capables d’incarner un engagement réel, et non par des figures qui disparaissent une fois le vote acquis.

Il est temps pour le Kasaï de tourner la page d’un cycle d’irresponsabilité politique et de redéfinir l’avenir de sa représentation parlementaire. L’histoire retiendra ceux qui ont été présents pour servir et non pour se servir.

By admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *