Le Tribunal Militaire de Garnison de Tshikapa et Kasaï a ouvert, ce vendredi 15 mai 2026, des audiences foraines à Lukuaya, une localité située dans le secteur de Ndjokopunda, territoire de Luebo, dans la province du Kasaï.
Quatre prévenus sont poursuivis dans cette affaire, dont trois détenus et un évadé. Ils sont accusés de crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité, de violences sexuelles liées aux conflits ainsi que de participation au mouvement insurrectionnel Kamuina Nsapu survenu en 2017.
Selon Me Alain Nkashama Muana, directeur exécutif de l’ONG « Réseau des Associations de Promotion des Droits de l’Homme au Congo » (RAPRODHOC), ces audiences constituent une étape importante dans la quête de justice pour les victimes des atrocités commises durant cette période.
« Nous accompagnons 187 victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité commis entre 2017 et 2018 devant le Tribunal Militaire de Garnison de Tshikapa et Kasaï. Cette juridiction militaire est en foraine à Lukuaya, dans le secteur de Ndjokopunda », a déclaré Me Alain Nkashama Muana.
Ces audiences foraines bénéficient de l’appui du gouvernement congolais à travers le Fonds national de réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV). Elles sont également soutenues par des partenaires internationaux, notamment Trial International et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) à travers le Fonds pour la consolidation de la paix (PBF).
À travers cette initiative, les autorités judiciaires et leurs partenaires entendent rapprocher la justice des populations affectées et lutter contre l’impunité des auteurs présumés des crimes commis durant les violences liées au phénomène Kamuina Nsapu dans l’espace Kasaï.
Pierre KANDAYI
