La scène politique congolaise vient d’enregistrer une démission lourde de sens. Fidel Fido Saïd El Omar, jusqu’ici Secrétaire Général du parti politique NOGEC (Nouvelle Génération pour l’Émergence du Congo), a annoncé ce jeudi sa démission avec fracas, dénonçant une dérive managériale interne qu’il qualifie de « méprisante » et « humiliante ».

Dans une lettre adressée au président national ad intérim Van Kapenga Kabundi Walesa, Fidel Fido a exprimé son profond désaccord avec la gestion actuelle du parti depuis l’incarcération de l’autorité morale, l’Honorable Constant Mutamba, qu’il continue cependant de respecter et de saluer comme « un leader de conviction et de vision ».

Un départ qui accuse une rupture de confiance

Loin d’un simple retrait discret, la décision du désormais ex-Secrétaire Général de la NOGEC s’apparente à un acte de résistance contre ce qu’il qualifie de « dérive autoritaire ». Selon lui, la gestion opaque du président ad intérim Van Kapenga, marquée par un manque total de communication avec les responsables provinciaux, a instauré un climat d’exclusion et de démobilisation à la base.

« J’ai prêché pour la NOGEC dans tout le pays. Je me suis battu, parfois seul, pour implanter le parti dans le Haut-Katanga, le Lualaba, le Kasaï Oriental, le Kasaï Central, le Tanganyika, le Kongo Central… même à l’international : en Belgique, en France, aux États-Unis, en Australie, en Suède, en Afrique du Sud. Aujourd’hui, les mêmes personnes que j’ai recrutées et formées sont intimidées, exclues, chassées », déplore-t-il.

Un bilan assumé, un départ digne

Fidel Fido revendique fièrement son bilan : l’implantation effective de la NOGEC dans plusieurs provinces du pays, des fédérations fonctionnelles établies grâce à ses propres moyens financiers, sans aucun appui structurel du parti. Il fustige aujourd’hui la tentative de « purge interne » lancée par un nouveau comité directeur imposé sans consultation, qui tente d’effacer son travail en démantelant les structures provinciales qu’il avait lui-même installées.

Pas de conflit avec l’autorité morale

Dans son message, Fidel Fido a tenu à dissocier son départ du leadership de l’autorité morale du parti, actuellement incarcérée. Il affirme rester « en paix » avec Constant Mutamba, à qui il souhaite courage dans sa lutte pour la vérité et la justice. « Je quitte la NOGEC non par trahison, mais pour préserver ma dignité. »

Message aux cadres restants*

À l’endroit des inter fédéraux, fédéraux, cadres et militants restés au sein du parti, il lance un message de respect et d’espoir : « Je leur demande pardon s’ils se sentent abandonnés, mais je reste solidaire de leur combat. Que chacun poursuive la lutte en gardant la tête haute. »

Un acte politique fort

La démission de Fidel Fido sonne comme un signal d’alarme dans les rangs de la NOGEC. Elle met à nu les tensions internes, l’absence de cohésion, et appelle à une refondation urgente autour des principes de transparence, d’écoute et de respect des structures provinciales. Le départ d’un secrétaire général aussi engagé et visible ne saurait passer inaperçu.

Une chose est sûre : la crise de gouvernance au sein de la NOGEC ne fait que commencer.

La rédaction

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