Dans le village enclavé de Kabila Mutshioko, situé dans le secteur de Kasaï-Kabambayi, l’eau potable est un luxe que peu de familles peuvent se permettre. Ici, ce sont principalement les femmes et les jeunes filles qui endurent chaque jour un véritable calvaire pour accéder à ce bien vital.

Lors d’une mission d’investigation menée sur place, notre rédaction a pu constater l’ampleur du problème. Jeancy, infirmier affecté à la zone de santé de Kalonda-Ouest, témoigne avec amertume :
« Les femmes sont obligées de marcher près de quatre heures aller-retour pour atteindre le point d’eau le plus proche. Cette situation les expose à de nombreux dangers, surtout quand elles partent très tôt le matin ou rentrent tard le soir. »

Outre le risque d’agression et d’insécurité, cette longue marche a des conséquences multiples : fatigue chronique, abandon scolaire des filles, propagation des maladies hydriques et surcharge des tâches domestiques. Le manque d’infrastructures de captage et de traitement d’eau accentue la précarité déjà criante dans ce coin oublié du Kasaï.

Malgré les multiples plaidoyers des habitants, aucune intervention concrète n’a encore été enregistrée. Les puits traditionnels existants sont souvent à sec ou contaminés, obligeant la population à recourir à des sources naturelles insalubres.

Les autorités provinciales et les organisations humanitaires sont ainsi appelées à agir de toute urgence pour restaurer un droit fondamental : l’accès à l’eau potable. Sans une réponse rapide et durable, Kabila Mutshioko restera le symbole d’une injustice hydrique qui frappe en plein cœur des femmes rurales du Kasaï.

Joël Tshimwanga

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