Des pratiques de rançonnement secouent actuellement la mission de contrôle déployée dans plusieurs sous-divisions scolaires de l’Inspection Provinciale Primaire, Secondaire et Technique (IPP) Kasaï 1. À Ndjokopunda, enseignants et agents administratifs affirment avoir été contraints de verser de l’argent aux inspecteurs pour que leurs dossiers soient examinés.
Selon des témoignages recueillis sur place, chaque enseignant – qu’il soit payé ou non – aurait été obligé de s’acquitter de 5.000 FC, tandis que les agents de la sous-division, ainsi que ceux du pool primaire et secondaire, auraient chacun déboursé 10.000 FC. Ces frais auraient été exigés, disent-ils, « sur ordre de l’IPP », une version avancée par les inspecteurs eux-mêmes.
Informé de la situation, le ministre provincial de l’Éducation, Gérard Mundeke, affirme avoir donné des instructions pour éviter tout dérapage dans l’exécution de la mission. De son côté, l’IPP Kasaï 1 aurait exigé la liste des écoles et des enseignants ayant versé l’argent, une réaction perçue par plusieurs observateurs comme une tentative de minimiser les faits.
Pour Maître Alain Nkashama Muana, directeur exécutif du Réseau des Associations de Promotion des Droits de l’Homme au Congo (RAPRODHOC), cette pratique est « ignoble et devenue courante ». Il dénonce une forme de monnayage systématique du contrôle des dossiers des enseignants et appelle le gouvernement provincial à sévir contre les auteurs. « Faute de quoi, l’autorité publique sera considérée complice », prévient-il.
Ce scandale relance le débat sur la gouvernance du secteur éducatif dans le Kasaï, où enseignants et administratifs se disent régulièrement victimes d’abus financiers lors des missions de contrôle et de suivi.
Pierre Kandayi
