Le Gouvernement de la République démocratique du Congo a annoncé, à travers un communiqué officiel, le report de la journée commémorative du 17 mai à ce vendredi 16 mai 2025. Ce jour est désormais déclaré chômé et payé sur l’ensemble du territoire national, en mémoire des combattants qui ont marqué l’histoire du pays lors de la libération du 17 mai 1997. Une décision symbolique qui remet au cœur du débat public la signification profonde de cette date pour le peuple congolais.

Une mémoire collective ravivée

Le 17 mai est traditionnellement reconnu comme la journée de la prise de pouvoir par l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL) dirigée par Laurent-Désiré Kabila, mettant fin à plusieurs décennies de dictature sous Mobutu Sese Seko. Ce tournant historique a représenté, pour une large frange de la population, l’espoir d’un renouveau démocratique, d’une justice sociale et de la souveraineté retrouvée.

« Cette journée n’est pas seulement un jour férié, c’est un appel à la conscience citoyenne. C’est le rappel d’un rêve congolais porté par des hommes et des femmes qui ont cru à une République meilleure », témoigne Jean-René Kabeya, enseignant d’histoire à l’Université de Kinshasa.

Témoignages d’un peuple encore en quête de changement

Dans les rues de Tshikapa, de Bukavu à Mbandaka, les citoyens interrogés saluent l’initiative tout en exprimant des attentes encore vives.

Joséphine Ntumba, commerçante à Tshikapa, affirme :
« Le 17 mai a été un choc pour nous. On croyait que le changement était là. Aujourd’hui, je rends hommage à ceux qui sont tombés, mais je demande aussi aux dirigeants actuels de poursuivre leur rêve. »

Albert Kalobo, étudiant à l’ISC-Tshikapa, nuance :
« C’est bien de se souvenir, mais le peuple attend que ce souvenir se traduise en actes concrets. L’insécurité à l’Est, la pauvreté… ce n’est pas ce pourquoi les combattants sont morts. »

Une journée de réflexion nationale

En décrétant cette journée chômée et payée, les autorités appellent à un moment de recueillement, de réflexion sur les luttes passées et les défis actuels. De nombreuses activités sont prévues dans les écoles, les institutions publiques et les médias pour rappeler le sens de cet héritage.

Le Ministre de la Communication a, dans une déclaration officielle, exhorté la population à « ne pas laisser cette mémoire se vider de son sens » et à « transformer cette journée en un moment d’engagement citoyen et de solidarité ».

Alors que le pays célèbre cette mémoire, le message est clair : le souvenir des martyrs du changement ne doit pas seulement s’ancrer dans les discours, mais dans les politiques et les actes quotidiens. Le peuple congolais continue d’espérer que la vision du 17 mai 1997 ne sera pas un rêve inachevé, mais une flamme toujours vive dans la marche vers un avenir meilleur.

Pierre Kandayi

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