La scène a provoqué une onde de choc dans la province du Kasaï. Ce lundi 29 juin 2026, lors d’une matinée publique organisée à Tshikapa, le maire de la ville, Faustin Lumuluabu Wetu, a posé un acte pour le moins controversé, il a publiquement déchiré une copie de la Constitution de la République démocratique du Congo, suscitant une vive indignation au sein de l’opinion.

Devant une foule de citoyens, l’autorité urbaine a justifié son geste en affirmant que la Constitution du 18 février 2006 aurait été « rédigée par les rebelles et les Rwandais », estimant qu’elle ne mérite pas d’être appliquée en RDC. Un positionnement qui s’inscrit, selon plusieurs observateurs, dans le débat actuel sur une éventuelle révision constitutionnelle, soutenue par certains acteurs politiques proches du pouvoir.

Mais cet acte n’a pas tardé à faire réagir. Maître Phénix Trésor Mukungulu a fermement condamné ce qu’il qualifie d’« outrage grave à la Constitution ». Dans une déclaration, il a dénoncé un comportement qu’il juge criminel

« Son acte est criminel et mérite son interpellation et sa condamnation en flagrance pour cet outrage à la Constitution. L’actuelle Constitution est toujours en vigueur. Personne, pas même le Président de la République, n’a le droit de la violer ou de l’outrager de la sorte », a-t-il martelé.

L’avocat s’interroge également sur les conséquences pratiques d’un tel geste « Il a déchiré la Constitution actuelle, d’accord. Mais peut-il nous dire quelle Constitution va-t-il désormais appliquer ? »

Ce geste spectaculaire relance le débat sur le respect des institutions et de l’État de droit en République démocratique du Congo. Il met également en lumière les tensions politiques autour de la question sensible de la réforme constitutionnelle.

Comme rappelé, Faustin Lumuluabu Wetu, en plus de ses fonctions de maire de Tshikapa, est avocat de profession et membre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti au pouvoir. Son acte pourrait ainsi avoir des répercussions tant sur le plan politique que juridique.

Jean-Paul Kanku

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