Face aux retards répétés dans le paiement des agents et fonctionnaires de l’État, le président de la République, Félix Tshisekedi, a ordonné un audit complet de l’état liquidatif des rémunérations dans l’administration publique. Cette décision intervient dans un climat de tensions sociales croissantes et de préoccupations liées à la gouvernance des finances publiques.

Lors d’une réunion consacrée à la gouvernance économique, le chef de l’État a exprimé son inquiétude quant à l’augmentation jugée incontrôlée de la masse salariale. Il a pointé du doigt l’intégration de nouvelles unités sans maîtrise des effectifs réels ni dispositifs rigoureux de contrôle et de suivi administratif.

Selon la Présidence, cette opération d’audit vise à identifier les dysfonctionnements à l’origine des retards observés depuis le début de l’année et à assainir le fichier de la paie publique. L’objectif est double : garantir la régularité des salaires et restaurer la crédibilité de l’État employeur.

« Il est crucial de régulariser le paiement des salaires et de mettre en place des systèmes transparents et efficaces », a insisté le président, appelant à une réforme structurelle des mécanismes de gestion des ressources humaines au sein de la fonction publique.

L’audit sera conduit par une instance indépendante, dont la mission consistera à examiner la chaîne de dépense salariale, depuis l’identification des agents jusqu’au décaissement effectif des fonds. Cette démarche s’inscrit dans une volonté affichée de renforcer la discipline budgétaire et de lutter contre les irrégularités, notamment les cas d’agents fictifs ou les doublons administratifs.

Au-delà de la dimension technique, cette initiative revêt une portée politique majeure. Elle traduit la détermination du pouvoir exécutif à restaurer l’orthodoxie financière et à répondre aux revendications des fonctionnaires, régulièrement confrontés à des retards de paiement aux conséquences sociales importantes.

Dans un contexte économique marqué par des contraintes budgétaires persistantes, la rationalisation de la masse salariale apparaît comme un levier stratégique pour préserver la stabilité macroéconomique et consolider la confiance entre l’administration publique et les citoyens.

Chevalier Mukanzu, depuis Kinshasa

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