Peu connue du grand public, Thérèse Kayikwamba est pourtant l’une de ces figures discrètes dont l’engagement a contribué à façonner l’histoire contemporaine de la région des Grands Lacs. Femme de conviction et diplomate avisée, elle a joué un rôle de facilitatrice et de cheville ouvrière dans les négociations ayant abouti aux accords de paix entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda.
Un engagement précoce pour la paix
Originaire de l’Est de la RDC, Thérèse Kayikwamba a grandi dans un contexte marqué par des cycles récurrents de violences et d’instabilités transfrontalières. Dès les premières années de sa carrière, elle s’est investie dans des initiatives de dialogue et de rapprochement entre communautés affectées par les conflits armés, particulièrement dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu.
La négociatrice patiente
Son rôle s’est affirmé au début des années 2000, alors que les tensions entre Kinshasa et Kigali atteignaient leur paroxysme. Thérèse Kayikwamba a intégré plusieurs commissions mixtes et groupes de contact, notamment comme conseillère technique chargée du suivi des engagements bilatéraux. Grâce à sa connaissance fine des sensibilités locales et son approche centrée sur la confiance mutuelle, elle a su instaurer un climat de dialogue, parfois au prix d’inlassables allers-retours entre les capitales et de longues discussions à huis clos.
Contribution à l’accord de paix
Son action a été décisive lors des étapes préparatoires qui ont mené à la signature des accords de normalisation des relations entre la RDC et le Rwanda. Ces accords, visant à mettre fin au soutien transfrontalier aux groupes armés et à renforcer la coopération sécuritaire, ont marqué un tournant après des années de méfiance et d’accusations mutuelles. Thérèse Kayikwamba a notamment contribué :
à l’élaboration des clauses de vérification conjointe du retrait des troupes étrangères,
à la définition des mécanismes de rapatriement volontaire des réfugiés,
et à l’organisation des premiers dialogues de haut niveau entre responsables militaires et civils.
Une voix de la réconciliation
Au-delà de ses fonctions officielles, Thérèse Kayikwamba s’est distinguée par son plaidoyer en faveur des femmes victimes de la guerre et de leur inclusion dans les processus de paix. Elle a défendu l’idée que la stabilité durable ne pouvait être atteinte sans un dialogue inclusif et sans réparation des souffrances infligées aux civils.
Un héritage silencieux
Si son nom n’apparaît pas toujours dans les communiqués officiels, de nombreux observateurs s’accordent à dire que son sens de l’écoute, sa diplomatie informelle et sa ténacité ont été des catalyseurs essentiels d’une entente que beaucoup pensaient impossible.
Pierre Kandayi
